Être jeune et pauvre

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Le paradoxe Français: haute protection sociale et précarité de la jeunesse.


Récemment un rapport du centre d’études et d’information sur l’épargne et la retraite indiquait que 23 % des jeunes en France étaient en situation de précarité. Ce chiffre inquiétant vient appuyer les mêmes constations de l’Observatoire de la jeunesse et de l’éducation populaire et rappelle que la crise frappe d’abord les jeunes. Ceci est particulièrement préoccupant dans un pays, la France, où la protection sociale est d’un haut niveau.

Ainsi, les retraités d’aujourd’hui sont la première génération plus aisée que la jeunesse. À l’heure où l’actuel gouvernement de gauche réfléchit à mettre à contribution nos retraités, il faut se souvenir que ces derniers n’ont souvent pas à rougir d’une aisance souvent modeste. En effet, ils ont travaillé durs pour reconstruire la France après la Seconde Guerre mondiale. À l’aune de leurs longues de jadis, les jeunes leur paraissent d’indécrottables fainéants avec les 35 heures et les allocations chômages dans une main et les vacances dans l’autre.

Pourtant, cette génération est le produit des luttes sociales que ces mêmes anciens ont mené victorieusement au temps des 30 Glorieuses. Les générations actuelles sont avant tout des consommateurs là où leurs aînés étaient des producteurs. Ils sont maintenant élevés par Samsung, Apple, Nike, …qui ont bien souvent remplacé leurs parents. La jeunesse actuelle est devenue la génération du divorce de masse et des familles monoparentales.

Ce même observatoire de la jeunesse nous indique que les quelques 750 000 jeunes qui quittent chaque année les bancs de l’école pour la vie active sont toujours protégés par le diplôme. Certes, mais à quel prix ?

Un héritage socio-culturel
Jadis, une licence permettait de devenir cadre. Aujourd’hui, une licence permet à un jeune d’obtenir un travail d’exécution qu’il subtilise à un non diplômé. Nous payons ainsi 30 ans d’enseignement massifié, de collège pour tous, d’abaissement du niveau au nom de la sacro-sainte égalité et du mépris du travail manuel.

Les quelques 120 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme et parfois de manière précoce sont les grands perdants. Autrefois, ils seraient devenu ouvrier mais il n’y a plus d’usine, plus que des emplois d’aides à domicile pour lesquels les filles sont bien souvent plus douées. Ainsi, les différents rapports sur le chômage montre une surreprésentation des enfants d’immigrés de sexe masculin. Leurs pères étaient ouvriers chez Renault ou Bouygue, et lorsque les enfants sont arrivés les usines ont alors déménagé. Alors chacun est retourné vers les siens, vers sa communauté.

Aujourd’hui, les jeunes sont devenus la première force électoral du FN. A tous, la gauche ne propose que le RSA et les emplois soit disant d’avenir. L’euro fort protège les placements des plus anciens qui restent autour des grands partis : les retraités de la fonction publique pour le PS et les cadres du privé pour l’UMP. Très souvent a l’heure actuelle parents et grands-parents soutiennent souvent la génération montante leur permettant d’accéder à leur premier logement ou simplement pour poursuivre leurs études ou bien encore pour se mettre en ménage : une manière peut-être de payer individuellement pour leur choix collectif.

Alors à quand un réel plan pour la jeunesse autre qu’un vocable intéressé en temps de campagne électorale ?

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